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Zona ophtalmique: une infection qui peut provoquer des séquelles visuelles

Zona ophtalmique: une infection qui peut provoquer des séquelles visuelles

 Dr Anwar CHERKAOUI 
 Avec le concours du Pr Mouhcine EL BAKKALI, médecin ophtalmologiste et président de la Fondation RESO 

Une éruption sur le front, une paupière douloureuse, des boutons près du nez… 
Et si ce qui ressemble à un simple problème de peau cachait une menace pour la vision ?

Le zona ophtalmique n’est pas une affection à banaliser. 

Lorsqu’il atteint la région de l’œil, ce virus peut provoquer des inflammations et, dans certains cas, laisser des séquelles visuelles durables.

Face à ce risque, trois réflexes peuvent faire la différence : prévenir par la vaccination, consulter rapidement et bannir l’automédication.

 Un virus endormi qui peut se réveiller 

Après une varicelle, le virus varicelle-zona ne disparaît pas complètement de l’organisme. 

Il demeure dans les ganglions nerveux, à l’état latent, parfois pendant plusieurs décennies. 

Puis, un jour, il peut se réactiver.
Lorsque cette réactivation touche la branche du nerf "trijumeau" qui dessert le front et la région oculaire, le zona prend une dimension particulièrement préoccupante : celle du zona ophtalmique.

L’enjeu dépasse alors largement l’éruption cutanée. 
La cornée peut s’enflammer, une uvéite peut apparaître et la pression à l’intérieur de l’œil peut augmenter.

Plus rarement, la rétine ou le nerf optique peuvent également être atteints.

Le danger : Des complications susceptibles de compromettre durablement la vision.

Attendre que les symptômes deviennent insupportables ou que la vue baisse pour consulter serait une erreur.

 Le stress : un suspect, mais pas le coupable unique 

« C’est le stress ! » Cette explication revient souvent lorsqu’un zona apparaît. 
Elle n’est pas totalement infondée, mais elle mérite d’être nuancée.

Une étude de grande ampleur publiée en 2021 a observé une association entre un niveau élevé de stress psychologique et un risque accru de zona.

Attention, toutefois : une association statistique ne signifie pas que le stress provoque directement la maladie.

L’âge et l’affaiblissement des défenses immunitaires restent des facteurs importants. 

Un sommeil suffisant et une meilleure gestion du stress contribuent à la santé générale, mais ils ne garantissent pas de prévenir le zona.

Surtout, culpabiliser une personne en lui laissant entendre qu’elle est malade parce qu’elle aurait mal géré ses émotions est injustifié. 

Le zona ne se résume ni au stress ni à une question de volonté.

 Automédication : le mauvais réflexe qui peut coûter cher 

Face à un œil rouge, douloureux ou irrité, certains ressortent un ancien collyre, utilisent une préparation maison ou prennent un médicament sans consulter. 

Une initiative apparemment anodine peut pourtant retarder le bon diagnostic et la mise en route du traitement adapté.

Les antibiotiques, notamment, ne combattent pas le virus responsable du zona.

Plus préoccupante encore est l’utilisation sans avis médical de collyres contenant de la cortisone. 

Ces médicaments peuvent être utiles dans certaines complications oculaires, mais leur prescription et leur surveillance relèvent du médecin ophtalmologiste. 

Ils peuvent nécessiter un traitement antiviral associé.

Un collyre qui a soulagé un problème hier n’est pas nécessairement adapté à celui d’aujourd’hui. 

Avec le zona ophtalmique, improviser un traitement expose à des risques évitables.

Front, nez, paupière : les signes qui doivent alerter
Une éruption évocatrice de zona à proximité de l’œil justifie une consultation médicale rapide. 

L’urgence devient encore plus évidente en présence d’un œil rouge ou douloureux, d’une sensibilité inhabituelle à la lumière ou d’une vision trouble.

Le médecin peut prescrire un traitement antiviral par voie générale. 

Mais la vigilance ne doit pas s’arrêter lorsque les boutons commencent à disparaître : une atteinte oculaire peut se manifester après l’éruption cutanée, alors même que les premiers signes semblaient limités à la peau.

Le message est clair : ne pas attendre une baisse de la vision pour consulter. 

La rapidité de la prise en charge est un enjeu majeur pour limiter le risque de complications.

 Vaccination : agir avant le réveil du virus 

Plutôt que de subir la maladie et ses conséquences, pourquoi ne pas agir en amont ?

La vaccination constitue un moyen important de prévenir le zona et ses complications. 

Le vaccin recombinant réduit fortement le risque de développer la maladie ainsi que celui de souffrir de douleurs nerveuses persistantes.

Aux États-Unis, les recommandations prévoient deux doses chez les adultes de 50 ans et plus, ainsi que chez certains adultes immunodéprimés dès l’âge de 19 ans. 

Ces indications américaines ne constituent pas, à elles seules, des recommandations nationales marocaines.

Au Maroc, l’intérêt de la vaccination, ses indications et les possibilités d’accès doivent être discutés avec un professionnel de santé.

Avoir déjà souffert d’un zona ne signifie pas non plus que toute vaccination ultérieure est exclue.

L’enjeu est particulièrement important avec l’avancée en âge et chez les personnes dont les défenses immunitaires sont fragilisées.

Anticiper, s’informer et demander conseil permettent de prendre une décision éclairée.

 Trois réflexes, un objectif : protéger la vision 

Le zona ophtalmique rappelle une réalité trop souvent négligée : une infection qui commence sur la peau peut avoir des conséquences bien plus graves.

Le stress ne doit pas devenir une explication automatique.

L’automédication ne doit pas remplacer l’examen médical. 

Et la prévention vaccinale ne doit pas être oubliée lorsqu’elle est indiquée.

Prévenir quand c’est possible, consulter dès les premiers signes et ne jamais improviser un traitement : trois réflexes essentiels pour réduire les risques et protéger la vision.

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