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Avancer dans l’âge sans subir: quand la vaccination peut aider à préserver l’autonomie et une bonne qualité de vie

Avancer dans l’âge sans subir: quand la vaccination peut aider à préserver l’autonomie et une bonne qualité de vie

 Dr Anwar CHERKAOUI 
 Expert en communication médicale et de santé 

 Il y a des douleurs qui apparaissent au fil des années, qui rendent les jours et les nuits difficiles et entachent la qualité de vie.
 Et il s’agit surtout surtout des douleurs qu’on peut éviter ou atténuer grâce à une vaccination adéquate, notamment contre le Zona.  

Chez une personne âgée, une douleur n’est jamais seulement une douleur.

Elle peut signifier moins de déplacements, moins de sorties, moins de rencontres, davantage de dépendance. 

Elle peut progressivement réduire cet espace de liberté auquel chacun tient tant : pouvoir marcher, sortir, faire ses courses, voir ses proches, rester chez soi et continuer à décider de sa vie.

 Face à cette réalité, une question mérite d’être posée : certaines de ces souffrances pourraient-elles être évitées ? 

La réponse est parfois oui.

La médecine ne consiste pas uniquement à soigner lorsque la maladie est installée. 
Elle consiste aussi à anticiper, à protéger et, chaque fois que cela est possible, à empêcher qu’une complication ne survienne.

C’est dans cette démarche que la vaccination prend toute sa place chez l’adulte, et notamment chez la personne âgée.

 À partir d’un certain âge, chaque complication peut peser davantage.

Avec les années, l’organisme évolue. 
Les défenses immunitaires peuvent devenir moins efficaces et certaines maladies chroniques rendent l’organisme plus vulnérable aux infections et à leurs complications.

Une infection qui paraît banale chez une personne jeune peut parfois avoir des conséquences beaucoup plus importantes chez une personne âgée.

Hospitalisation, fatigue prolongée, perte de mobilité, aggravation d’une maladie chronique, difficultés à retrouver son niveau d’autonomie…

Pour une personne déjà fragile, quelques jours d’alitement peuvent parfois suffire à bouleverser un équilibre de vie.

Prévenir une infection ou réduire le risque de complications devient alors une manière de protéger bien davantage que la santé au sens strict : il s’agit aussi de préserver l’autonomie.

 Le zona : quand une maladie laisse parfois une douleur derrière elle 

Le zona illustre particulièrement bien cette réalité.

Le virus responsable de la varicelle peut rester silencieux dans l’organisme pendant de nombreuses années.

Avec l’âge ou dans certaines situations où les défenses immunitaires sont diminuées, il peut se réactiver et provoquer un zona.

L’éruption cutanée est souvent reconnaissable.

Mais la véritable épreuve peut être la douleur.
Brûlures, élancements, picotements, sensations de décharges électriques, peau devenue extrêmement sensible…

Et parfois, le problème ne s’arrête pas lorsque les lésions disparaissent.

Chez certaines personnes, la douleur persiste pendant des mois et peut considérablement perturber le sommeil, les déplacements et la vie quotidienne.

Pour une personne âgée, cette douleur peut devenir une véritable épreuve physique et morale.

C’est précisément pourquoi la prévention mérite d’être évoquée avant que le zona ne survienne. 

Lorsque la vaccination est recommandée, elle peut contribuer à réduire le risque de zona et de ses complications.

 Ne pas confondre vieillissement et fatalité 

Il faut aussi changer notre regard sur le vieillissement.

Vieillir n’est pas une maladie.

Et avoir 60, 70, 80 ans ou davantage ne signifie pas qu’il faille accepter toutes les souffrances comme une fatalité.

Une personne âgée reste une personne avec des projets, des habitudes, des envies et surtout un immense désir de conserver son indépendance.

Elle veut pouvoir continuer à marcher avec ses petits-enfants, prendre le café avec ses amis, voyager, jardiner, lire, sortir de chez elle ou simplement vivre tranquillement dans son environnement habituel.

La prévention prend tout son sens lorsqu’elle permet de protéger cette vie quotidienne.

 La maladie chronique appelle une vigilance supplémentaire 

Le risque peut être différent lorsqu'une personne vit avec une maladie chronique.

Diabète, maladie cardiovasculaire, maladie respiratoire chronique, insuffisance rénale ou certaines situations entraînant une diminution des défenses immunitaires peuvent rendre les infections plus préoccupantes.

Une infection peut déstabiliser une maladie jusque-là bien contrôlée.

Elle peut entraîner une hospitalisation ou une récupération plus longue.

Pour ces personnes, la vaccination ne doit donc pas être considérée comme une question secondaire.

Elle mérite d’être abordée avec le médecin ou le professionnel de santé, en fonction de l’âge, des antécédents, des traitements et de l’état de santé.

Il ne s’agit pas de multiplier les vaccins sans discernement.

Il s’agit de savoir quelles protections sont réellement recommandées pour chaque personne.

 La prévention commence avant la première douleur 

Nous avons pris l’habitude de consulter lorsque quelque chose ne va pas.

Une douleur apparaît : on cherche son origine.
Une tension augmente : on la traite.

Une maladie se déclare : on la prend en charge.

Mais la médecine a aussi appris à intervenir plus tôt.

On surveille certains facteurs de risque avant qu’ils ne provoquent une complication. 
On dépiste certaines maladies avant l’apparition des symptômes. 
On encourage l’activité physique pour préserver la mobilité.

La vaccination appartient à cette même logique.

Agir avant que le problème n’apparaisse.

Ce principe est particulièrement précieux lorsqu’une complication risque de compromettre l’autonomie d’une personne âgée.

 Une simple question lors de la consultation 

La vaccination de l’adulte ne devrait plus être oubliée entre deux consultations.

À mesure que l’on avance en âge, les besoins de prévention peuvent évoluer.

Une consultation médicale peut être l’occasion de faire le point sur les vaccinations recommandées selon l’âge et l’état de santé.

Une question toute simple peut ouvrir le dialogue :
« Avec mon âge et mon état de santé, suis-je suffisamment protégé ? ».

Cette question ne coûte rien.

Mais elle peut permettre de repérer une protection qui mérite d’être actualisée ou discutée.

 Derrière un vaccin, il y a surtout une personne 

Il est facile de parler de vaccination en termes de recommandations, de calendrier ou de statistiques.

Mais derrière chaque vaccination, il y a une histoire humaine.

Il y a cette femme âgée qui veut continuer à vivre chez elle.
Cet homme qui souhaite rester autonome.
Ce grand-père qui veut continuer à accompagner ses petits-enfants.
Cette grand-mère qui refuse que la maladie lui enlève ses sorties, ses rencontres et ses habitudes.

Prévenir une infection, c’est parfois éviter une hospitalisation.
Prévenir une complication, c’est parfois préserver la mobilité.
Et prévenir une douleur prolongée, c’est parfois préserver des nuits de sommeil, des déplacements et une qualité de vie.

La vaccination ne garantit jamais une protection absolue. 
Mais lorsqu’elle est recommandée, elle constitue un moyen de réduire certains risques.

À l’heure où nous vivons plus longtemps, l’enjeu n’est plus seulement d’ajouter des années à la vie. 
Il est aussi de préserver, autant que possible, la qualité de ces années.

Et parfois, prendre soin de son avenir commence par un geste très simple : se demander aujourd’hui ce que l’on peut faire pour éviter demain une maladie, une complication ou une douleur que l’on aurait peut-être pu prévenir.

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