Pr Hamid ZIANI
Professeur assistant en Radiologie / CHU Mohammed VI Oujda
Société Marocaine de Radiologie (SMR)
Attention à l'occlusion intestinale aiguë ?
Un ventre qui gonfle, des douleurs qui s’installent, des vomissements répétés et, surtout, plus rien ne passe.
Ce tableau impressionnant n’a rien d’une simple indigestion.
Il peut révéler une occlusion intestinale aiguë, une urgence médicale où chaque heure compte.
Pour comprendre, imaginons l’intestin comme une autoroute.
Tant que la circulation est fluide, tout va bien.
Mais dès qu’un obstacle surgit, le trafic s’arrête net.
C’est alors que le radiologue entre en scène, armé de l’outil clé du diagnostic : le scanner.
Dans cette situation, le scanner devient bien plus qu’un simple examen d’imagerie.
Il permet d’abord de confirmer l’occlusion, en montrant des anses intestinales dilatées.
Puis, il se transforme en véritable GPS médical, localisant avec précision l’endroit exact où le transit est bloqué.

Mais le travail du radiologue ne s’arrête pas là.
À partir des images, il cherche à identifier le responsable.
S’agit-il d’une bride, cette fine bande de tissu qui accroche l’intestin ?
D’une hernie où une anse s’engouffre là où elle ne devrait pas ?
D’une tumeur, d’une inflammation, ou encore d’un volvulus, lorsque l’intestin se tord sur lui-même ?
Parfois, aucun obstacle n’est pas visible : l’intestin est simplement « à l’arrêt », paralysé par une infection, un trouble métabolique ou certains médicaments.
Dans tous les cas, le radiologue mène l’enquête image après image, comme un détective du transit.
Au-delà du diagnostic, son rôle devient décisif pour la suite.
Le scanner permet d’évaluer la gravité de la situation.
Si l’intestin est étranglé, mal irrigué ou menace de se perforer, l’alerte est immédiate : il faut intervenir sans délai.
Le radiologue aide alors l’équipe médicale à trancher, entre surveillance étroite et passage urgent au bloc opératoire.
Dans ce parcours souvent stressant pour le patient, le radiologue joue aussi un rôle de chef d’orchestre discret.
En lien permanent avec les urgentistes, les gastro-entérologues et les chirurgiens viscéraux, il éclaire la décision médicale et accélère la prise en charge.
Quand le transit s’arrête, le corps envoie un message clair : quelque chose ne va plus.
Et dans cette course contre la montre, l’œil du radiologue devient souvent la clé qui débloque la situation.
