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Quand la lame d’anatomopathologie devient stratégique au cœur du système de santé marocain

Quand la lame d’anatomopathologie devient stratégique au cœur du système de santé marocain

Dr Anwar CHERKAOUI avec le concours du Pr Basma KHANOUSSI, présidente de la Société Marocaine de Pathologie

Le 7ᵉ congrrès de la Société Marocaine de Pathologie dépasse le cadre scientifique pour révéler un tournant stratégique : entre gouvernance, financement et digitalisation, l’anatomopathologie s’impose comme un pilier central, encore sous-exploité, de la modernisation du système de santé marocain.

Au-delà des communications savantes et des lames scrutées à la loupe, le 7ème congrès national de la Société marocaine de pathologie, organisé à Rabat, 24 et 25 mai 2026, a laissé entrevoir une autre scène, plus feutrée mais autrement décisive.

Une scène où la science dialogue avec le pouvoir, où les microscopes croisent les stratégies, et où les diagnostics dépassent le seul cadre des tissus humains pour toucher celui des institutions.

Car dans les coulisses de ce rendez-vous scientifique, un panel a retenu toutes les attentions.

Autour de la table, le top management de la Fondation Lalla Salma pour la lutte contre les cancers et les DG du CHU Ibn Sina et de l’ANAM.

Une configuration qui, à elle seule, résume les enjeux actuels du système de santé marocain.

Soigner, oui, mais aussi organiser, financer et anticiper.

Les interventions n’avaient rien d’académique au sens classique du terme.

Elles étaient directes, structurées, parfois incisives.

Comme si, derrière chaque mot, se dessinait l’urgence de réformer.

7eme congre pathologie 27042026

Le message est clair.
Une rencontre scientifique n’est jamais neutre.
Elle est aussi un espace politique, au sens noble du terme, où se redessinent les priorités de santé publique.

Au cœur des discussions, une proposition qui pourrait sembler technique mais dont les implications sont majeures.

La création d’une commission dédiée à l’enrichissement de la liste des examens anatomopathologiques remboursables et reconnus.

Derrière cette idée, une réalité bien connue des praticiens.

Tous les examens utiles ne sont pas toujours accessibles, faute d’intégration dans les nomenclatures ou de cadres réglementaires adaptés.

Résultat, des diagnostics parfois retardés, des décisions thérapeutiques bridées, et une médecine de précision qui peine à trouver son plein essor.

Mais enrichir une liste ne suffit pas.
Encore faut-il définir un cahier des charges rigoureux : Qualité des prélèvements, standardisation des techniques et traçabilité des résultats.

La modernisation passe autant par les équipements que par les procédures.

Et sur ce terrain, le Maroc avance à des vitesses variables.

Autre point névralgique abordé sans détour, la viabilité de l’hôpital public et universitaire.

Une question sensible, presque existentielle.

Le CHU Ibn Sina, comme d’autres centres hospitaliers universitaires du Royaume, porte sur ses épaules une double mission.

Soigner les patients et former les générations futures.

Une équation complexe, souvent déséquilibrée par des contraintes budgétaires, des ressources humaines sous tension et une demande de soins en constante augmentation.

Dans ce contexte, l’anatomopathologie apparaît comme une discipline charnière.

Invisible pour le grand public, mais centrale pour les cliniciens.

Sans elle, pas de diagnostic de certitude en cancérologie.
Sans elle, pas de médecine personnalisée.
Et pourtant, ses laboratoires d’anatomopathologie restent parfois en marge des grandes priorités d’investissement.

C’est là qu’intervient un autre axe stratégique évoqué lors du panel.

La modernisation des laboratoires d’anatomopathologie dans les CHU de Rabat, Oujda et Agadir, avant une extension progressive aux autres régions.

Une ambition qui s’inscrit dans la dynamique de digitalisation et d’intégration des nouvelles technologies.

Lame numérique, intelligence artificielle, télépathologie : Autant d’outils capables de transformer en profondeur la pratique et de réduire les inégalités territoriales.

En filigrane, ce congrès a révélé une vérité que les professionnels connaissent bien.

La médecine n’est pas qu’une affaire de science. Elle est aussi une affaire de gouvernance, de choix économiques et de vision stratégique.

Et dans ce théâtre où se joue l’avenir du système de santé, les anatomopathologistes ne sont plus de simples observateurs.

Ils deviennent, peu à peu, des acteurs de premier plan.

Reste à savoir si les promesses esquissées dans les salons des congrès trouveront un écho concret sur le terrain.

Car entre la parole et l’action, il y a souvent un espace que seule une volonté politique constante peut combler.

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