Tanger accueillera le 36eme congrès national de rhumatologie, du 6 au 7 mai 2026.
Dr Anwar CHERKAOUI, avec le concours du Pr Abdellah EL MAGHRAOUI, Président de la Société Marocaine de Rhumatologie
La rhumatologie mondiale traverse une période de transformation profonde.
Les avancées se succèdent à un rythme soutenu, redessinant les contours des pratiques diagnostiques et thérapeutiques.
Biomarqueurs de nouvelle génération, imagerie de haute résolution, intelligence artificielle appliquée à la décision clinique, biothérapies de plus en plus ciblées, exploitation des données en vie réelle : chaque domaine évolue, et leur convergence ouvre des perspectives inédites pour nos patients.
Les spondyloarthrites : vers un diagnostic plus précoce et une prise en charge individualisée.
Parmi les avancées les plus marquantes, celles qui concernent les spondyloarthrites retiennent particulièrement l’attention. La combinaison de l’IRM sacro-iliaque et des biomarqueurs sérologiques permet aujourd’hui d’identifier des formes précoces qui auraient échappé au diagnostic il y a encore une décennie.
L’intelligence artificielle commence à transformer la lecture de ces imageries, réduisant la variabilité inter-observateur et raccourcissant une errance diagnostique qui reste, pour de nombreux patients, une réalité douloureuse.
Sur le plan thérapeutique, la réflexion s’est considérablement affinée.
Le positionnement des inhibiteurs du TNF, des anti-IL-17 et des anti-IL-23 ne relève plus d’une logique séquentielle uniforme.
Il repose désormais sur une analyse individualisée tenant compte du phénotype clinique, atteinte axiale, périphérique, enthésitique, cutanée, des comorbidités et du profil immunologique de chaque patient.
La médecine de précision, longtemps annoncée, devient progressivement opérationnelle.
Polyarthrite rhumatoïde et maladies inflammatoires : un arsenal thérapeutique sans précédent
La polyarthrite rhumatoïde illustre avec éloquence la profondeur de cette révolution.
Les objectifs thérapeutiques se sont déplacés : au-delà de la rémission clinique, c’est la rémission immunologique et la prévention du handicap structural à long terme qui guident désormais les décisions.
L’arsenal disponible n’a jamais été aussi riche : inhibiteurs du TNF, anti-IL-6, inhibiteurs de JAK, anti-CD20, abatacept, chaque classe offre un mécanisme d’action distinct, permettant des stratégies de séquençage et de personnalisation thérapeutique de plus en plus sophistiquées.
Les inhibiteurs de JAK méritent une attention particulière.
Après les réévaluations réglementaires de leur profil de sécurité, leur place se précise : efficaces et rapides d’action, ils requièrent une sélection rigoureuse des patients, notamment au regard du risque cardiovasculaire et thromboembolique.
Les données en vie réelle, issues de registres nationaux et internationaux, affinent progressivement notre compréhension de leur rapport bénéfice-risque à long terme — un débat qui sera certainement au cœur des discussions à venir.
Plus largement, l’ensemble du spectre rhumatismal bénéficie d’une transformation des paradigmes de prise en charge.
La gestion des comorbidités cardiovasculaires, métaboliques et psychiatriques s’impose comme un standard incontournable.
L’intégration des outils numériques — applications de suivi, téléconsultation, objets connectés — redéfinit la relation clinicien-patient, rendant la surveillance plus continue et l’ajustement
thérapeutique plus réactif.
EULAR Londres 2026 : le rendez-vous mondial incontournable
En juin prochain, le Congrès EULAR de Londres constituera le temps fort de cette effervescence scientifique.
Recommandations actualisées, sessions plénières, résultats des grands essais thérapeutiques, débats d’experts : EULAR fixera les nouvelles orientations de la discipline pour les mois à venir.
Boussole clinique de la rhumatologie à l’échelle mondiale, ses prises de position influencent directement les pratiques sur tous les continents.
Tanger avant Londres : le Maroc au cœur de la dynamique internationale
Mais avant Londres, c’est Tanger qui ouvre le bal.
En mai 2026, le Congrès National de Rhumatologie réunira la communauté rhumatologique marocaine dans un format ambitieux, à la hauteur des enjeux scientifiques actuels.
Ce congrès ne sera pas un simple panorama des tendances internationales.
Il sera un espace de confrontation entre les avancées mondiales et les réalités du terrain marocain : épidémiologie locale, contraintes d’accès aux thérapeutiques, spécificités des profils patients.
C’est précisément cette articulation entre science de pointe et pratique clinique quotidienne qui en fait un rendez-vous singulier et nécessaire.
Les rhumatologues marocains auront ainsi accès, avant même EULAR, aux débats les plus actuels de leur spécialité — positionnant Tanger non comme un écho du circuit international, mais comme une étape à part entière.
Tanger avant Londres : le Maroc ne suit plus, il anticipe.
Et la rhumatologie marocaine, portée par une génération de cliniciens et de chercheurs engagés, s’inscrit résolument dans la modernité scientifique mondiale.
Le Congrès National de Rhumatologie se tiendra à Tanger en mai 2026. Programme et inscriptions sur le site de la Société Marocaine de Rhumatologie.
