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20 Août 2016 : L’hypnose clinique en mal de spécialistes au Maroc

Lhypnose clinique2016008L’hypnose peut être indiquée de manière préventive aux patients avant une opération, un accouchement, en dentisterie ou pour remplacer l’anesthésie.

L’Association marocaine d’hypnose clinique organise le premier congrès d’hypnose clinique les 29 et 30 octobre à l’Université Mohammed VI des sciences de la santé à Casablanca. Une façon pour l’association de promouvoir cette pratique qui peine à se faire une place dans le domaine médical. En effet, selon la dernière enquête réalisée sur le sujet, seuls 108 spécialistes y sont formés.

Quelle que soit la spécialité à laquelle elle est associée, l’hypnose peut être d’une grande aide. En effet, l’hypnose médicale a un champ d’application très vaste. Elle peut être indiquée dans le traitement d’une phobie ou encore d’un traumatisme (accident, décès, divorce, agression…). Elle peut aussi servir à agir contre le stress (anxiété, dépression, cauchemars, insomnies…) et certains troubles du comportement (tics, hoquet, bégaiement…). Elle est également indiquée dans la lutte contre la douleur (examens médicaux pénibles, grands brûlés...). Elle peut être d’un grand soutien pour les patients atteints de maladies graves (cancer, leucémie, diabète, vaginisme, frigidité, dysménorrhée, impuissance, infertilité…). Elle peut aussi guérir ou atténuer certaines addictions (surpoids, boulimie, anorexie, toxicomanie, tabagisme, alcoolisme…). Certains dermatologues en vantent également les mérites pour traiter les maladies de la peau (psoriasis, verrues, acné, eczéma, urticaire, calvitie…).

De même, les allergologues y ont parfois recours pour traiter les allergies ponctuelles ou chroniques comme l’asthme. De manière préventive, elle peut être indiquée aux patients avant une opération, un accouchement, en dentisterie ou pour remplacer l’anesthésie ! Il est donc dans l’intérêt des professionnels de la santé d’enrichir leurs connaissances dans le domaine et de se perfectionner dans la pratique de l’hypnose médicale.


Dans ce sens, l’Association marocaine d’hypnose clinique (Amhyc) organise le premier congrès d’hypnose clinique les 29 et 30 octobre à l’Université Mohammed VI des sciences de la santé à Casablanca. Cet événement accueillera des experts universitaires de renommée internationale qui développeront l’intérêt de l’hypnose dans différents domaines. Les techniques d’hypno-sédation (opération chirurgicale sous hypnose sans anesthésie) seront présentées et différents intervenants traiteront de la place de l’hypnose dans leur spécialité.

Historiquement, depuis la fin des années 1980, l’hypnose a assis sa crédibilité scientifique grâce aux techniques d’imagerie cérébrale et grâce à plus de 12.000 travaux scientifiques publiés dans différentes revues internationales. Ces travaux et publications contribuant à son plein essor, elle commence à être enseignée timidement au Maroc, à partir de 2010. De même, quelques rares psychiatres l’utilisent dans la plus grande discrétion depuis les années 1990. La raison ? L’hypnose est un dispositif thérapeutique qui, comme ailleurs, inquiète ou fait peur, car elle fait appel à la transe et à la suggestion pour soulager ou guérir. Or au Maroc, il existe des rituels séculaires de transe thérapeutique liés au monde des esprits. Une enquête a été réalisée entre décembre 2014 et janvier 2015 auprès de l’ensemble des professionnels de la santé initiés à la pratique de l’hypnose et recensés au niveau de l’Amhyc. Ainsi, sur un effectif national répertorié de 108 soignants initiés à l’hypnose, 54 ont répondu au questionnaire, soit un taux de réponse de 50%. La majorité de ces soignants était issue du secteur privé (74,1%). Parmi les répondants, 83,4% utilisaient l’hypnose, mais pas fréquemment, c'est-à-dire dans moins de 30% de leurs consultations. Les principales indications de l’hypnose étaient l’anxiété, le stress, les phobies, les attaques de panique, les douleurs aigües et chroniques, la dépression, les addictions, l’hypno-analgésie et les troubles digestifs. La prescription de l'hypnose était proposée le plus souvent par le soignant lui-même (82,2% des soignants).

Les demandes spontanées étaient encore peu fréquentes (38%). En anesthésie-réanimation, les conditions de travail répriment l’utilisation de l’hypnose du fait qu’un même anesthésiste réanimateur travaille souvent sur 2 ou 3 blocs en même temps. D’autres limites sont évoquées, comme les croyances négatives des patients à propos de l’hypnose, la non-adhésion du reste de l’équipe au bloc opératoire, ou encore le non-remboursement par les assurances.

Le rapport note enfin que le prix d’une consultation d’hypnose était généralement inférieur à 500 DH, et souvent inclus gratuitement dans l’acte en anesthésie-réanimation et en soins infirmiers. C’est pourquoi, à travers l’organisation de ce congrès, l’Amhyc souhaite faire prévaloir le rôle de l’hypnose médicale en tant qu’outil de soin à part entière dans le traitement de la douleur et des troubles psychosomatiques et a pour objectif de favoriser son développement dans la pratique médicale marocaine.

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