Dr Anwar CHERKAOUI et Pr Said ZOUHAIR, président de la SMALMI et doyen de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Marrakech
C’est dans ce contexte que la Société Marocaine de Lutte contre les Maladies Infectieuses (SMALMI) organise son 24ᵉ congrès sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
Un rendez-vous qui dépasse largement le cadre académique pour s’inscrire au cœur des enjeux de santé publique du Royaume.
Dès l’ouverture, le ton est donné : face aux menaces infectieuses majeures, l’innovation et la stratégie ne sont plus des options, mais des impératifs.
Le discours royal sur cette question souligne avec force la notion de souveraineté sanitaire, érigée en pilier de la sécurité nationale, notamment à travers la maîtrise de la production vaccinale et pharmaceutique.
Une orientation qui irrigue l’ensemble des travaux du congrès.
Les premières sessions plongeront au cœur des infections virales chroniques, avec un focus sur le VIH et les hépatites.
Les experts nationaux y revisiteront les recommandations de prise en charge, actualiseront les protocoles thérapeutiques et metteront en lumière les avancées en prophylaxie pré-exposition.
L’objectif est clair : améliorer le dépistage, renforcer la prévention et optimiser les parcours de soins dans un contexte encore marqué par des défis épidémiologiques persistants.
Le congrès s’attaquera ensuite à l’un des fronts les plus préoccupants de la médecine moderne : la résistance aux antibiotiques.
Les débats aborderont la montée inquiétante des bactéries multirésistantes, notamment les entérobactéries productrices de carbapénèmases et certaines souches de Klebsiella pneumoniae.
Entre recommandations thérapeutiques, stratégies de désescalade et données nationales de surveillance, les intervenants vont essayer de dresser un état des lieux sans concession en esquissant des pistes d’action concrètes pour contenir cette menace silencieuse.
L’actualité infectiologique occupera également une place centrale, avec un éclairage particulier sur la tuberculose au Maroc.
Les spécialistes interrogeront les recommandations en vigueur à l’horizon 2026, confronteront les données épidémiologiques aux réalités du terrain et revisiteront les approches diagnostiques.
Les pneumonies aiguës communautaires, toujours au cœur des consultations et des hospitalisations, feront elles aussi l’objet d’une mise à jour scientifique.
La vaccination, pilier de la prévention, s’imposera comme l’un des axes majeurs du congrès.
Des nouveautés en matière de vaccination de l’adulte aux avancées concernant le pneumocoque et le virus respiratoire syncytial, les discussions traduiront une volonté de renforcer la couverture vaccinale et d’adapter les stratégies aux évolutions épidémiologiques.
Au-delà des conférences magistrales, le congrès se distinguera par son ancrage pratique.
Les cas cliniques interactifs, les ateliers dédiés à l’antibiogramme et les échanges entre cliniciens témoigneront d’une approche résolument tournée vers le terrain.
L’objectif est d’outiller les praticiens face à des situations complexes, où la rapidité et la précision des décisions thérapeutiques peuvent faire la différence.
En filigrane, ce 24ᵉ congrès de la SMALMI dessine une vision : celle d’un système de santé marocain plus résilient, mieux préparé aux crises infectieuses et capable d’intégrer les innovations scientifiques dans ses pratiques quotidiennes. .
À Marrakech, la science ne se contentera pas d’observer les maladies ; elle s’organisera pour les anticiper, les contenir et, autant que possible, les prévenir.
