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Les examens biologiques : sentinelles silencieuses du rein face à l’hypertension

Les examens biologiques : sentinelles silencieuses du rein face à l’hypertension

Par Dr Anwar CHERKAOUI avec le concours du Dr Ali BENNIS, Analyste-Biologiste.

La 3eme journée du 21eme congrès national de Néphrologie ( Marrakech, 8 au 10 mai 2025 ) à été marquée par une conférence sur les hypertensions artérielles secondaires. 
 
Cette conférence faites par une experte française, à été un rappel sur l’importance des examens biologiques dans les maladies rénales 
 
Dans l’univers feutré des laboratoires, loin des salles de consultations bondées, une armée d’analyses travaille en silence. Leur mission ? Décrypter les signaux que les reins envoient à travers le sang et les urines. Dans le contexte particulier des hypertensions artérielles secondaires, ces examens biologiques jouent un rôle central, parfois décisif.
 
Le rein, chef d’orchestre de la pression artérielle
 
Contrairement à l’hypertension essentielle, dite "primitive", l’hypertension secondaire a une cause identifiable. Et dans de nombreux cas, cette cause est rénale. Le rein, ce filtre biologique sophistiqué, participe activement à la régulation de la tension artérielle par un subtil jeu hormonal (système rénine-angiotensine-aldostérone) et hydrique. Dès qu’il est en souffrance — qu’il s’agisse d’une sténose de l’artère rénale, d’une néphropathie glomérulaire ou d’une polykystose — la tension artérielle s’emballe.
 
Des marqueurs précieux pour voir l’invisible
 
Le premier allié du clinicien dans cette enquête reste la créatinine sanguine. Son dosage permet d’estimer le débit de filtration glomérulaire (DFG), révélateur de la fonction rénale. Une baisse du DFG alerte immédiatement sur une atteinte rénale. À ses côtés, l’urée, autre déchet azoté, joue un rôle complémentaire.
 
Mais c’est dans l’analyse des urines que les indices deviennent plus précis. La protéinurie, même discrète, est un marqueur précoce d’atteinte glomérulaire. La microalbuminurie, souvent détectée chez les hypertendus, surtout diabétiques, annonce parfois des dégâts rénaux silencieux.
 
Un bilan élargi pour remonter aux sources de l’hypertension
 
Pour les hypertensions résistantes ou atypiques, le biologiste déploie un arsenal plus poussé : dosage de la rénine et de l’aldostérone plasmatiques, recherche d’une hyperkaliémie ou d’une hypokaliémie, mesure du cortisol urinaire si l’on suspecte un syndrome de Cushing… Chaque résultat oriente, affine, confirme. On ne soigne pas une hypertension secondaire sans avoir interrogé la biologie.
 
Un outil de suivi au long cours
 
Les examens biologiques ne servent pas qu’au diagnostic. Ils deviennent des compagnons de route dans le suivi des patients. Suivre l’évolution du DFG, de la protéinurie, ajuster les traitements en fonction de la kaliémie ou de la natrémie, prévenir la toxicité médicamenteuse… c’est le quotidien du clinicien bien entouré de son laboratoire.
 
L’alliance médecin-biologiste : un tandem pour préserver le rein
 
Dans cette bataille contre les hypertensions secondaires, c’est un travail d’équipe qui s’impose. Le médecin traitant ou le spécialiste demande, le biologiste interprète, et le patient bénéficie d’un suivi plus fin, plus précoce, plus personnalisé. Ensemble, ils protègent un organe vital souvent silencieux, mais jamais indifférent.

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