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Arthrose : ce n’est pas une fatalité liée à l’âge

Arthrose : ce n’est pas une fatalité liée à l’âge

 Pr Abdellah EL MAGHRAOUI 
 Président de la société marocaine de rhumatologie

L’arthrose n’est pas une simple usure liée à l’âge et ne condamne pas à l’immobilité. 
 Au contraire, activité physique et renforcement musculaire font partie des traitements essentiels.
 En cas de surpoids, perdre quelques kilos peut aussi réduire les symptômes . Médicaments, infiltrations ou autres traitements peuvent compléter la prise en charge, à condition d’être adaptés à chaque patient. Car agir tôt et de façon personnalisée, c’est souvent préserver plus longtemps mobilité, autonomie et qualité de vie.


À l’occasion de la Journée mondiale de l’arthrose (17 septembre), il est important de rappeler un message simple : avoir de l’arthrose ne signifie pas qu’il faut arrêter de bouger ni attendre passivement que l’articulation se dégrade. 

Il est aujourd’hui possible de réduire les douleurs, préserver la mobilité et maintenir une bonne qualité de vie.

 L’arthrose, c’est quoi exactement ? 

L’arthrose est la maladie articulaire la plus fréquente. 
Contrairement à une idée largement répandue, elle ne correspond pas simplement à une « usure du cartilage ». 
Elle touche l’ensemble de l’articulation : cartilage, os, membrane synoviale, ligaments et muscles.

Elle concerne principalement les genoux, les hanches, les mains et la colonne vertébrale. 
Elle peut entraîner douleurs, raideur, limitation des mouvements et, dans les formes avancées, une perte importante d’autonomie.

Plus de 500 millions de personnes dans le monde vivent avec une arthrose, et leur nombre augmente avec le vieillissement de la population, la sédentarité et la progression de l’obésité.

 « C’est l’âge » : une idée reçue 

L’âge constitue un facteur de risque important, mais l’arthrose n’est pas une conséquence inévitable du vieillissement

Elle peut également toucher des personnes relativement jeunes, notamment après un traumatisme articulaire ou en raison de certaines contraintes sportives ou professionnelles.

Le surpoids et l’obésité, les traumatismes articulaires, certaines contraintes répétées et des facteurs génétiques contribuent également à son développement.

Autre élément important : l’importance des lésions visibles sur une radiographie ne correspond pas toujours à l’intensité de la douleur. 
Certaines personnes présentent une arthrose radiologique importante avec peu de symptômes, alors que d’autres souffrent beaucoup malgré des anomalies plus modestes.

 Le mouvement est un traitement 

L’une des idées reçues les plus fréquentes consiste à penser qu’une articulation arthrosique doit être mise au repos.

C’est généralement l’inverse.

L’activité physique et l’exercice constituent aujourd’hui des éléments essentiels du traitement. Ils renforcent les muscles qui protègent l’articulation, améliorent la mobilité, diminuent les douleurs et permettent de préserver l’autonomie.

Marche, vélo, natation, exercices en piscine ou renforcement musculaire peuvent être proposés en fonction de l’âge, de l’articulation atteinte et des capacités de chacun.

Une légère augmentation des douleurs lors de la reprise de l’activité ne signifie pas nécessairement que l’articulation est en train de s’abîmer. 
L’essentiel est de reprendre progressivement et régulièrement une activité adaptée.

 Le poids compte aussi 

Chez les personnes en surpoids ou obèses, la perte de poids constitue un véritable traitement, particulièrement dans l’arthrose du genou et de la hanche.

Même une diminution modérée du poids peut améliorer les douleurs et la fonction. Une perte de poids plus importante et durable peut apporter un bénéfice supplémentaire.

Les progrès récents dans la prise en charge de l’obésité, notamment avec de nouveaux traitements médicamenteux, ouvrent également des perspectives intéressantes pour certains patients arthrosiques en situation d’obésité.

 Médicaments, infiltrations et autres traitements 

Les médicaments antalgiques et anti-inflammatoires peuvent être utiles pour soulager les symptômes, notamment lors des périodes douloureuses.

Leur utilisation doit cependant être adaptée à chaque patient, en particulier chez les personnes âgées ou présentant d’autres maladies.

D’autres approches peuvent également être proposées. Certains compléments alimentaires, notamment à base de chondroïtine ou de glucosamine, peuvent apporter un bénéfice chez certains patients, même si leur efficacité reste variable.

Les injections intra-articulaires d’acide hyaluronique peuvent améliorer la douleur et la fonction chez certains patients, notamment dans l’arthrose du genou.

Le PRP, ou plasma riche en plaquettes, constitue également une option thérapeutique dans certaines formes d’arthrose. 

Les résultats des études sont encourageants chez certains patients bien sélectionnés, même si son efficacité n’est pas identique chez tous et que les protocoles restent variables.

Ces traitements ne doivent donc pas être considérés comme des solutions miracles. 
Ils trouvent leur place dans une prise en charge globale et personnalisée, dont les piliers restent l’activité physique, le renforcement musculaire, l’information du patient et le contrôle du poids lorsqu’il est nécessaire.

 Et la chirurgie ? 

La prothèse de genou ou de hanche peut transformer la vie de certains patients lorsqu’elle est correctement indiquée. Mais la chirurgie n’est ni systématique ni la première étape du traitement.

Elle est principalement envisagée lorsque les douleurs et la limitation fonctionnelle deviennent importantes, altèrent significativement la qualité de vie et persistent malgré une prise en charge médicale correctement conduite.

 Les messages à retenir 

L’arthrose n’est pas simplement une usure liée à l’âge.

Avoir de l’arthrose ne signifie pas qu’il faut arrêter de bouger.

L’activité physique et le renforcement musculaire sont de véritables traitements.

En cas de surpoids, perdre du poids peut améliorer significativement les symptômes.

Médicaments, infiltrations, acide hyaluronique, PRP ou certains compléments peuvent aider certains patients, mais doivent être utilisés dans des indications adaptées.

Une prise en charge précoce et personnalisée permet souvent de préserver longtemps mobilité, autonomie et qualité de vie.

Face à l’arthrose, l’objectif n’est pas seulement de traiter une radiographie. 
Il faut traiter la personne, sa douleur, sa fonction et sa qualité de vie.

Il faut surtout sortir de cette phrase trop souvent entendue : « C’est de l’usure, il n’y a rien à faire. »

Il y a beaucoup à faire. Et, dans la majorité des cas, le premier traitement reste le mouvement.

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